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Au poker, il y a un aspect qui fait rêver, c’est que n’importe quel débutant peut atteindre des sommets. Mais cela n’est pas donné à tout le monde, pour s’en sortir, il y a quelques règles « de survie » à suivre. Elles seront expliquées ici, à l’intention de tous ceux qui veulent se lancer dans le poker. Vous aurez ainsi la possibilité de bien gérer votre bankroll au poker.

La gestion de Bankroll (ou Bankroll Management, BRM)

La question que vous vous posez sûrement est de savoir à partir de quelle somme dans votre bankroll vous pouvez jouer sur telle ou telle limite. Les indices généralement donnés sont de l’ordre d’environ vingt fois la cave maximale de la limite. Autrement dit, vous devrez disposer de 200 euros pour jouer sur de la NL10 (avec des blinds à 0,05/0,10 cts). Or, la réponse à cette question est bien plus personnelle qu’il n’y paraît, vous devez aussi vous écouter.

Un conseil que vous devez suivre est de ne pas jouer au-delà de vos moyens. Ne mettez pas en danger vos finances, jouez du mieux possible. Faites toujours en sorte de vous sentir bien quand vous jouez. Si jamais vous jouez trop gros par rapport à vos moyens, vous allez être stressé et votre jeu sera mauvais. Ne risquez pas votre bankroll bêtement. Pour se sentir à l’aise dans leurs jeux, certains joueurs auront besoin d’au moins 100 caves d’avance, d’autres au contraire se sentiront en sécurité s’ils en ont seulement 10.

Il faut uniquement que vous gardiez en tête que plus les sommes engagées représentent une grosse part de votre bankroll, plus vous risquez la banqueroute. À l’opposé, si vous jouez avec une grosse bankroll par rapport à la limite, vous serez tenté de devenir plus ambitieux et par exemple de payer des mises de valeur avec un jeu très douteux ou encore de tenter des bluffs qui ne tiennent pas debout.

Prenez aussi en compte le nombre de tables jouées en même temps. Plus vous multitablez, plus votre bankroll doit être imposante. Vous devez toujours pouvoir éponger la variance qui va de pair avec le poker. Le conseil à suivre ici est d’avoir au moins trente caves par limites si vous jouez sur trois ou quatre tables. C’est une bonne manière de concilier le jeu. C’est une gestion saine et vous ne risquez pas de perdre de temps pour monter d’une limite. Le temps représente au poker de l’argent, bien plus qu’ailleurs.

Aussi, au sujet de la gestion de votre bankroll, il faut savoir mettre votre fierté de côté et accepter de descendre d’une limite lorsque vous êtes dans une mauvaise passe (moins de trente caves de la limite). L’erreur à ne surtout pas commettre, et pourtant celle qui est la plus faite, est de justement, lors des mauvaises périodes, monter de limite pour tenter de se refaire. Vous pouvez être certain de tout perdre de cette manière.

Sélection de table

bankroll au poker - mises

La sélection de la table à laquelle vous allez jouer est très importante. Pour être rentable, choisissez-là bien. Si vous jouez dans les petites limites, vous serez principalement confrontés à des joueurs dits « récréatifs », qui ne connaissent pas nécessairement la valeur des mains de départ et qui seront prêts à payer beaucoup. Avant de vous asseoir à une table, regardez le pourcentage de joueurs au flop.

Ce pourcentage reflète vos chances d’avoir de bons clients sur vos bonnes mains de départ. Cependant, il convient de combiner cet indicateur à celui du pot moyen de la table. Plus celui-ci est gros, plus les joueurs de la table seront enclins à engager de grosses sommes avec des petites mains, ce qui serait à votre avantage.

Dans l’absolu, c’est une bonne chose aussi de choisir une table où les mains jouées par heure sont nombreuses. Cela témoigne d’une manière de jouer « automatique » de la part des joueurs. Ils ne prennent ainsi pas forcément le temps de bien réfléchir.

Choix du siège

Parfois, vous aurez le choix de votre siège. Vous pourrez pour la majorité vous asseoir où vous le désirez. Le conseil que vous devez suivre ici est, dans la mesure du possible, de vous asseoir de manière à avoir sur votre droite les joueurs plutôt loose, agressif/passif. Vous pourrez ainsi mieux contrôler le pot et les jouer en position.

Pour ce qui est des joueurs qui sont serrés, il est mieux de les avoir à votre gauche. Vous pourrez ainsi voler les blinds, car les sur-relances sont extrêmement rares dans ces limites. Les joueurs qui ont un petit tapis, essayez de les garder à votre droite aussi, vous pourrez de la sorte voir leur action avant de jouer, vous pourrez ainsi économiser vos jetons.

Les joueurs en question feront souvent tapis avec des mains plus ou moins légitimes. Cela autant après ou avant le flop. Ils auront vite le sentiment d’être trop impliqués et jugeront donc leur main assez forte pour pousser leur tapis préflop. Pour éviter une trop grosse variance, évitez les tables avec plus de deux joueurs short-stack (petit tapis).

Les trackers

Les trackers sont des logiciels. Ils permettent de répertorier toutes les mains jouées, par vos adversaires comme par vous. Le but de ces logiciels est de pouvoir avoir du recul et d’analyser votre jeu et celui de vos adversaires. Vous pouvez le faire à un niveau plus ou moins poussé selon si vous connaissez bien l’outil ou non. Vous devez être en mesure d’interpréter les statistiques de la bonne manière, une mauvaise interprétation peut être problématique.

Hold’em Manager ou Poker Tracker en sont des exemples, ce sont les premiers du marché. Les utiliser pour des enchères basses peut être discutable. Cependant, à vous de voir si cela vous est utile. Si vous êtes motivés, servez-vous de ces outils qui sont à votre disposition, ils sont tout autant de chances de vous améliorer et de réussir. Vous trouverez aussi de la documentation afin de vous perfectionner dans l’utilisation de ces outils. Il est judicieux de maîtriser ces outils, surtout si vous comptez évoluer sur des grosses limites (NL100 + par exemple), à ce moment-là, il faut que vous soyez à la pointe sur l’analyse, il faut donc que vous ayez déjà acquis cette maîtrise par le passé.

Ne perdez pas de temps pour ne pas perdre d’argent. Dans les grosses limites, les joueurs utilisent, pour leur quasi-totalité, les trackers. Ils décèlent ainsi toutes vos faiblesses. Soyez équipé pour combattre à leurs côtés, mais avant tout, soyez préparé.

Sélection des mains de départ

Les joueurs débutants commettent souvent la faute de vouloir jouer plus de mains que ce qu’ils peuvent maîtriser. Tout l’intérêt de bien choisir vos tables est là. Faites-en sorte de pouvoir jouer et de pouvoir gagner de bonnes mains. De manière optimale, jouez les Broadway, paires, AXs et les suited connectors au juste prix si possible. Ne payez pas une sur-relance si vous êtes hors de position ou avec une main dominée, par exemple.

Privilégier le jeu en position

Au poker, la position est un élément à ne pas négliger. Vous pourrez avoir beaucoup plus d’informations au sujet de la main de votre adversaire et vos décisions seront donc plus justes. Ayez ainsi un meilleur contrôle du pot et l’efficacité de vos bluffs sera aussi meilleure.

Soyez attaquant plutôt que défenseur

Il est plus facile au poker de faire une mise ou une relance que de devoir y faire face quand elle ne vient pas de vous. Il faut que vous soyez offensif, mais attention à ne pas trop en faire. Vous devez contrôler votre agressivité et l’ajuster à la valeur de votre main. L’expression dit « petite main, petit pot », encore plus aux petites limites, misez sur deux caractéristiques : l’initiative et l’agressivité.

Mise pour valeur > bluff

Il faut que vous privilégiiez vous bluffs si vous avez la position. Mais n’en abusez pas. Au début, vous ne devez pas trop multiplier les bluffs. Ne faites pas obligatoirement des mises de continuation quand vous n’avez pas touché. Cependant, vous rencontrerez des calling station, ici alors vous aurez plus d’intérêt à miser pour valeur, si vous avez touché un bon board.

Il ne faut pas perdre de valeur en checkant la river, si une troisième mise, avec un jeu moins fort, aurait été payée par vos adversaires. Il n’est pas obligatoire que ce troisième barrel soit haut. Avec de l’expérience, vous saurez estimer le montant de vos mises pour être payé.

No slowplay

bankroll au poker - mises en ligne

Arrivé à ce point de l’article, le conseil que vous allez lire semble logique. Il ne faut pas que vous sous jouiez vos monstres, que ce soit préflop ou postflop. Il est rare au poker d’avoir de bonnes mains, il faut donc en tirer le meilleur profit. Tout comme l’adage dit « petite main, petit pot », vous pouvez le prendre à l’inverse. Si vous avez une grosse main, mettez le plus d’argent possible dans le pot.

D’autant plus si vos adversaires ont un profil passif (field), n’hésitez pas à miser. Ne vous laissez pas doubler par un joueur agressif qui lancerait des mises que vous serez contraint de subir. Dominez la partie. Si votre adversaire prend soin de sa main, vous pourrez le faire payer. Aux limites où vous êtes ici, les joueurs sont souvent suspicieux.

Si par contre votre adversaire n’a rien, il ne bluffera pas souvent, le plus souvent, il abandonnera. Souvent la défaite arrive lorsque vous sous jouez une main qui aurait dû être protégée.

Faire face à une relance postflop

Il faut que vous soyez vigilants à ce que les autres joueurs ne vous manipulent pas et ne jouent pas à vos dépens. Étant donné que la grande majorité de joueurs est de nature passive, il faut que vous vous posiez les bonnes questions au sujet de la valeur de votre main et de la leur, notamment lorsqu’ils vous relanceront au flop, ou postflop. Si votre rival vous relance au flop, c’est probablement qu’il a mieux qu’une simple top pair. Vous devrez donc avoir au minimum deux paires ou plus gros pour pouvoir suivre sa relance.

Les joueurs jouant sur les petites limites surestiment souvent la valeur d’une top pair. Ceci s’applique particulièrement dans les pots juste relancés préflop mais aussi quand vous jouez contre des joueurs standards. Parce que face à un joueur très agressif, une simple top pair suffit généralement. De plus, plus la relance intervient tardivement, plus la main de votre rival a de probabilités d’être forte, il en va de même pour son honnêteté. Méditez bien avant de jouer vos derniers jetons.

REP pour Rigueur Ego et Patience

Vous devriez maintenant être convaincu que la rigueur est primordiale au poker, que ce soit dans votre sélection de mains de départ aussi bien que dans vos décisions qui interviennent après le flop.

La rigueur est aussi importante pour estimer si vous devez payer une mise ou bien une relance adverse, qui interviendrait à la river, par exemple. Il pourra arriver que vous ayez le sentiment que vos adversaires se liguent contre vous, et il sera aussi possible que dans certaines parties ce soit le cas, mais cela ne doit pas affecter votre lucidité et votre jeu, ne laissez pas vos sentiments prendre le dessus.

Votre égo doit rester en dehors de tout ça. Ne rentrez pas dans le jeu des attaques, vous allez perdre en concentration, en temps (qui est toujours de l’argent) et en énergie. La patience sera votre alliée. L’enjeu principal n’est pas tant de gagner à chaque fois que de gagner quand le pot est gros, quand vous avez réussi à le monter petit à petit.

Avoir une bonne technique est fondamental. Cependant, vous ne devez pas pour autant négliger votre mental. Le jeu inclut des mauvaises passes et vous devez être en mesure de les encaisser sans vous laisser déborder par vos mauvais sentiments.

Le poker se joue sur le long terme, il faut s’investir dans le temps. Vous ferez la différence auprès des bons joueurs si vous ne vous laissez pas déborder et si vous n’êtes pas trop pressé. Faites grimper votre bankroll et montez dans les limites. Bien gérer votre bankroll au poker est la clé de votre réussite.