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Gagner des parties n’est pas suffisant pour se faire de l’argent au poker. Vous devez entretenir et faire grandir votre « compte de poker », à savoir, votre bankroll. Avoir une bankroll qui soit bien distincte de votre compte en banque habituel est inévitable. Suivez les conseils proposés dans cet article afin de biens savoir comment gérer sa bankroll.

Il convient que vous soyez capable de gérer et être lucide au sujet de vos gains et de vos pertes, et ce, de manière dissociée de vos comptes courants, sur lequel figure votre salaire ou vos factures. Les caractéristiques des parties (multi tables ou face à face, sit and go, table complète…) vont être déterminantes afin de fixer les sommes ou les jetons que vous devrez engager.

Règles de base sur la gestion de la Bankroll

Il ne faut pas que vous jouiez plus d’argent que ce que vous êtes en mesure de perdre

Même si cela paraît évident, c’est un fondamental. N’engagez pas des sommes plus importantes que ce que vous pouvez vous permettre de perdre. Vous pouvez bien sûr perdre de l’argent au poker, être un bon joueur n’est pas une garantie. Ainsi, ne misez pas de l’argent qui vous serait vital. Si jamais vous sentez que ce moment arrive, ayez l’intelligence de prendre vos distances avec le jeu.

N’apportez jamais plus de 10 % de votre bankroll sur une table ou dans un tournoi

gérer sa bankroll - miser parier

Admettons que vous avez sur votre compte Poker Stars la somme de 100 €, alors vous ne devriez jamais miser plus de 10 €. Des buy-in sont disponibles dans les tournois, vous devriez donc aussi éviter les tournois où ils sont supérieurs à 10 €. Avec ces règles de base, vous pourrez vous permettre de retenter votre chance si vous échouez à plusieurs reprises.  

Zone de confort : ne jouez qu’à certaines limites seulement si le montant de mises ne vous intimide pas

Si la limite vous paraît « trop haute », mais qu’elle est tout de même envisageable pour vous, évitez de jouer. Ceci peut avoir des conséquences graves. Une situation comme celle-ci peut vous rendre nerveux, le jeu vous deviendra pénible, vous ne prendrez plus de plaisir et la peur de tout perdre va vous faire prendre les mauvaises décisions, par peur de miser et de suivre le jeu, par exemple. Vous devez absolument éviter ce scénario. Jouez dans une zone de jeu où vous vous sentez à l’aise et vous pourrez prendre du plaisir à jouer et pourquoi pas l’emporter.

Les règles des 20 caves en cash game

En cash game (par exemple Textas Hold’em No Limit), vous devez posséder dans votre bankroll au minimum vingt fois le montant du buy-in maximum de la table ou vous souhaitez jouer. Par exemple, si la table à laquelle vous voulez vous asseoir, et avoir vos chances à une table de 0,25 €/0,50 € où la cave maximum est de cinquante euros, vous devez avoir une bankroll d’au minimum mille euros.

La règle des 40 buy-ins en tournois

Pour ce qui est des tournois (toujours Texas Hold’em No Limit), c’est encore plus strict. Si vous voulez contrôler efficacement votre bankroll, vous devez avoir au moins la somme de quarante buy-ins pour une limite ou vous souhaitez participer.

À titre d’exemple, si vous souhaitez jouer à un Sit & Go de 5 € + 0,50 €, ayez un budget minimum de 220 €.

La règle des 5 %

Il est aussi possible que vous utilisiez une technique de calcul différente. De cette manière, vous mettez 5 % de votre bankroll en jeu, cela équivaut à vingt fois le buy-in maximum.

Seule votre bankroll peut décider des parties que vous jouez

Vous ne pouvez rentrer dans un tournoi ou en partie de cash game que si le contenu de votre bankroll vous y autorise. Effectivement, ceci sera expliqué plus loin dans cet article, chaque niveau de bankroll autorise l’entrée dans des parties de cash game ou tournois avec des droits d’entrée qui diffèrent. Vous devez monter les marches une à une avant d’arriver au sommet. Si vous vous montrez impatient, cela peut aisément vous conduire à la ruine. L’impatience est un défaut rédhibitoire au poker.

À chaque fois que vous vous asseyez à une table, vous devez impérativement vous assurer que votre budget, votre bankroll, vous autorise à y jouer. Cette règle est la principale, ne l’enfreignez pas. Votre bankroll ne serait plus garantie et vous risqueriez la faillite. Il y a des périodes qui sont moins prolifiques, voire creuses, mais seuls les joueurs qui parviennent à être rigoureux et qui se tiennent à leur bankroll finissent par s’en sortir sans trop de dégâts.

Quelles tables choisir en Cash Game ?

Le Cash Game, si vous le préférez, est un mode de jeu grâce auquel vous apprendrez très vite. Vous ferez bouger davantage votre argent, et ceci, théoriquement, devrait vous permettre d’atteindre une variance plus faible que dans les tournois. Les règles de probabilité définissent la variance comme la mesure des fluctuations de votre bankroll.

C’est la fourchette dans laquelle peut évoluer votre bankroll, de son point le plus bas à son point le plus haut. La variance en face-à-face (Heads-Up) est plus importante que pour une table à 6 joueurs (6-Max). Ainsi, elle est bien plus élevée que dans une Table Complète (Full Ring), car vous participez à davantage de pots en Face-à-Face que dans les autres cas.

Votre capital doit être au centre de la définition de votre variance. Effectivement, si cette dernière est trop importante au regard de votre budget, une mauvaise série peut vous faire tout perdre, même si en moyenne, vous êtes gagnant. Le conseil à suivre est donc de posséder au minimum l’équivalent de vingt fois la cave maximum qui soit mettable sur une table de dix joueurs.

À titre d’exemple, si vous voulez jouer sur une table dont la grosse blinde est de un euro et la cave minimum de cent euros, deux mille euros vous seraient nécessaires dans votre bankroll. Clairement, sur la table ne devraient en aucun cas se trouver plus 5 % de votre budget. En jouant en 6-Max ou en tête-à-tête, vous prendrez part à davantage de mains et de pots, et c’est ainsi que va monter votre variance, vous devriez donc à ce moment-là avoir à disposition trente fois la cave maximum pour un 6-Max et cinquante fois pour un tête-à-tête.

Gérer une bankroll en cash game

La somme que vous mettez en jeu en cash game doit être vue comme possiblement perdue. Donc, le montant que vous investissez dans le jeu ne doit pas mettre en danger votre bankroll. Vous devez toujours avoir sous le coude une réserve d’argent suffisante pour continuer le jeu dans la même limite ou celle d’en dessous.

En cash game, trois façons de jouer différentes sont envisageables :

– avec vingt BB

– avec cinquante BB

– avec cent BB

Votre bankroll ne doit pas souffrir de ces trois modes de jeu, vous devez donc calculer votre niveau de table sur la base de votre mode de jeu et de votre budget.

Vous devez garder à l’esprit qu’en cash game, tout se calcule en fonction de la Big Blind, vous devrez donc devoir calculer en multiple de la Big Blind.

Admettons que vous appliquiez les trois méthodes de jeu à une table 0,05 €/0,10 €, cela donnerait ce qui suit :

– 2 €

– 5 €

– 10 €

Il est donc logique que selon votre type de jeu (petit tapis, moyen ou maximum) les possibilités d’évolution qui s’offriront à vous ne seront pas les mêmes. Vous ne pourrez pas évoluer sur le même niveau avec un stack de 50 €. Effectivement, les pourcentages de risques sont par conséquent très différents :

– 4 %

– 10 %

– 25 %

Si vous vous tenez à cela, établissez des niveaux en fonction de votre mode de jeu et du niveau de votre bankroll, peu importe son contenu. Pour un débutant, la technique la plus efficace est le short stack (vingt Big Blind). Dans ce but-là, imaginez le risque en lien avec votre capital de début qui serait de 50 €. Vous disposez donc de 25 mises de départ au niveau 0,05 €/0,10 €. C’est trop faible pour assurer la sécurité de votre bankroll et pouvoir évoluer sans crainte.

En effet, vous devez avoir un stack d’au moins trente mises de départ pour pouvoir rester en jeu en cas de mauvaise passe. Divisez donc votre capital de 50 € par trente, vous obtenez 1,67 €. Ce chiffre divisé par vingt donne 0,08 €, cette table n’existe naturellement pas, optez donc pour une table 0,02 €/0,04 €. Pour un tapis moyen, le calcul aurait été différent : 1,67 divisé par 50 vous donne 0,03, vous auriez donc dû jouer sur des tables 0,01/0,02 €.

Si vous êtes en mode stack maximum, vous avez : 1,67 divisé par 100, vous obtenez 0,01. Or, il se trouve que cela ne correspond à rien. D’où l’intérêt, en début d’apprentissage, de ne pas opter pour cette technique, car celle-ci permet d’évoluer vite mais aussi de dégringoler vite.

Pour synthétiser ça, calculez systématiquement votre niveau de départ sur la base de votre stack et des fonds calculés en Big Blind que vous allez devoir mettre en jeu. Dès que vous avez obtenu votre niveau minimum, vous pouvez calculer votre niveau qui vous permettra d’évoluer. Si vous continuez sur un petit tapis, vous obtiendrez le minimum suivant pour jouer sur une table 0,05/0,10 € (niveau juste supérieur à celui de départ calculé ci-dessus) :

0,10 x 20 x 30 = 60 €.

La limite avec le niveau suivant est donc proche, comme vous pouvez le voir. Selon la même logique, il faudra : 0,20 x20 x 30 = 120 € pour que vous puissiez prétendre à une table 0,10/0,20 €, etc.

Méthodes alternatives

Si vous voulez monter ou descendre dans les limites, deux techniques de gestion de votre bankroll s’offrent à vous. Ces deux techniques s’avèrent assez efficaces, cependant vous devrez acquérir un minimum d’expérience avant de les appliquer sans soucis.

La gestion de bankroll conservatrice

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Ceci est à l’intention des joueurs qui investissent sur le long terme dans le poker. Si vous voulez en faire votre activité principale, par exemple. Ceci vous permet de vous protéger de la variance. Pour ce faire, privilégiez la protection de votre capital. Vous devrez donc impérativement commencer avec au minimum 40 buy-ins en cash game et 80 buy-ins en tournois.

La gestion de bankroll agressive

La méthode agressive est pour vous si vous voulez des gains rapides. Cependant, les risques ne sont pas à négliger. Vous serez très exposé à la variance et votre bankroll devra pouvoir encaisser de gros chocs. Soyez préparé à la défaite et à descendre dans les limites.

Au poker, la variance est inévitable. Ainsi, vous pouvez avoir affaire à des séries de gains, mais aussi de pertes. Vous subirez des fluctuations dans votre bankroll et celle-ci sera tour à tour trop faible ou trop importante pour les limites dans lesquelles vous évoluerez.

Cependant, si votre bankroll descend en dessous des 20 buy-ins pour une limite, descendez d’une limite pour limiter les risques. Inversement, si votre bankroll augmente, passez à la limite suivante. L’important est de gérer votre bankroll. Il vous arrivera de vouloir passer à la limite supérieure afin de tester vos compétences. Vous pouvez vous permettre de prendre de petits risques pour progresser, mais sachez rester raisonnable, ne vous laissez pas enivrer par une victoire.

Si jamais vous jouez en dehors de vos limites, ne prenez pas le montant maximum du buy-in, préservez votre bankroll.

À quels tournois s’inscrire

En Sit & Go, le conseil à suivre est d’avoir au minimum 40 fois le montant de l’inscription, vous pourrez ainsi gérer les réussites et les échecs. En multi-tables, il convient de ne jamais atteindre 1 % de votre bankroll sur une inscription.

Quand monter la limite ?

Pour les Sit & Go par exemple, vous pouvez vous permettre de monter de limite si vous possédez au minimum 40 fois le prix de l’inscription pour la limite du dessus. Si vous jouez donc actuellement des tournois à 10 euros, vous devez attendre de posséder 800 euros (4 x 20) pour passer à des tournois à 20 euros.

Il en va de même si vous descendez en dessous des 400 euros (à savoir 40 x 10), vous devrez redescendre à la limite du dessous. Il convient aussi de veiller à avoir le niveau pour monter d’une limite, ne soyez pas dépassé par le niveau des autres joueurs.

Il est aussi primordial de gérer sa variance, surtout si vous avez peu d’expérience. Vous pourrez utiliser des principes plus poussés (Ratio de Sharpe, Critère de Kelly) lorsque votre variance sera stabilisée.

Gérer sa bankroll est donc un aspect inévitable au poker afin de ne pas se retrouver en banqueroute sans même s’en rendre compte. Gardez bien en tête la notion de variance, ainsi que tous les autres paramètres expliqués dans cet article, et tout devrait bien se passer lors de vos parties.